Revivez vos échanges en direct avec la préfète sur la dynamique espoir banlieues


Durant le Chat sur la dynamique espoir banlieues

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Anne Boquet, préfète des Yvelines.
Bonjour, il y a des quartiers en France où il est plus difficile de réussir, de réaliser ses projets, ses ambitions, ses rêves. Le président de la République en 2008 a lancé la Dynamique du Plan Espoir Banlieues dont l’objectif est de donner à chacun des citoyens, quel que soit son quartier ou sa ville, les mêmes chances. Ce soir, je suis entourée de fonctionnaires des services de l’Etat notamment sur les sujets Education, Emploi, Aménagement du territoire en charge d’apporter des réponses aux différentes questions que vous pouvez vous poser ainsi que d’acteurs sur des projets de politiques de la ville : Ecole de la deuxième chance ou les cordées de la réussite, ainsi que des représentants des grandes écoles présents dans les Yvelines comme HEC et Agro Paris Tech. J’ai également à mes côtés la sous-préfète à la Ville et certains de mes délégués dans les quartiers. A vous la parole !

Sonia : C’est quoi la dynamique Espoir Banlieue au juste ?
Anne : Bonjour, Qu’appelle-t-on exactement « La Dynamique espoir banlieue » ? Est-ce un cahier des charges précis ?
D’abord, c’est une mobilisation de tous les services de l’Etat en faveur des quartiers décidée en Comité interministériel des villes. Les principales mesures concernent l’accès à l’emploi, notamment des jeunes, le développement de la notion de « deuxième chance », l’accompagnement éducatif et l’accès aux formations d’excellence, et un volet renforcement de la présence de l’Etat dans les quartiers avec comme axes prioritaires : la rénovation urbaine, le développement de la vie associative et l’amélioration de la sécurité en général.

Aristide78 : C’est Fadela Amara qui est en charge du Plan Dynamique Espoir Banlieue. Suit-elle de près votre travail ???
faivre : Bonjour, est-ce que Fadela Amara réitèrera sa visite dans le département comme elle l’avait fait il y a quelques mois ? Après tout c’est elle qui est à l’initiative de ce plan Dynamique Espoir Banlieues…
Fadela Amara est effectivement à l’origine de la dynamique elle-même puisque l’ensemble des objectifs ont été définis à la suite des concertations qu’elle avait engagées à l’automne et qui ont débouché sur le plan Espoir Banlieues 2008.
Fadela Amara est évidemment très présente dans le suivi de la mise en œuvre du plan et elle vient très régulièrement dans le département.

jeanjean1908 : Quel est le rôle de la préfecture au sein de cette dynamique Espoir Banlieues ? De quelle partie êtes-vous plus spécifiquement en charge ?
Simon78 : Bonjour ! Quel est votre rôle à vous, Madame la Préfète dans la mise en place de plan Espoir Banlieues ???
La préfète est chargée de piloter dans le département la mise en œuvre concrète du plan, en lien avec les services de l’Etat. Par exemple, l’impulsion sur le contrat d’autonomie avec la direction du travail et Pôle Emploi. Ou encore tout le travail mené avec l’inspection d’académie sur le volet éducation, avec notamment le développement des « cordées de la réussite » dont l’objectif est la démocratisation de l’accès aux études supérieures. Nous travaillons avec l’université des Yvelines, HEC, et Agro Paris Tech. On peut citer les journées de l’excellence et de la réussite qui ont permis la rencontre entre des lycéens et des représentants des grandes écoles en présence de Fadela Amara qui s’était rendue à cette occasion au Lycée de la Plaine de Neauphle à Trappes.

Chawarla : Madame la préfète, comment se traduit dans les Yvelines le volet éducation de la dynamique Espoir Banlieues ? Pouvez-vous donner des exemples concrets ? D’avance merci beaucoup…
Le principe par exemple dans les grandes écoles est de mettre en place des programmes éducatifs qui se destinent à des lycéens, des collégiens et des étudiants. Ces programmes peuvent prendre des formes différentes selon les écoles. Par exemple à HEC, les lycéens viennent un mercredi sur deux sur le campus, pour des séances dites « d’ouverture culturelle ». A L’Agro Paris Tech, les collégiens viennent toutes les semaines : soit sur notre campus soit nous nous déplaçons dans les collèges pour des séances de découverte.
Rachid : je suis au Lycée St-Exupéry, je participe au programme PACE qui est géré par l’association Fleur de bitume géré par HEC. Tous les mercredis après- midi nous avons des séances avec nos tuteurs : on fait des revues de presse sur l’actualité de la semaine. Cela permet d’avoir des points de vue différents et de les échanger dans des débats. Cela nous aide aussi beaucoup pour le bac, notamment grâce à des séances thématiques, sur la Chine par exemple ou l’Afrique du sud.
Ahlam : Nous c’est aussi le même principe, avec des sorties à l’Ecole de Grignon (Agro Paris Tech) où nous découvrons par exemple une ferme pédagogique avec des vaches, des moutons, des cultures etc. Cela éveille notre curiosité sur le monde rural.

gerard.coves : J’ai entendu parler des internats d’excellence. Pouvez-vous préciser de quoi il s’agit ? Est-ce qu’il y en a dans les Yvelines ? Merci d’avance.
Félix : Je voudrais connaître le nombre de places d’internat d’excellence prévues en 2010 ? Le chiffre est-il en augmentation par rapport à 2009 ?
Margot : J’ai entendu parler des internats d’excellence. De quoi s’agit-il ?
Les internats d’excellence sont constitués de places labellisées dans certains établissements : le lycée Bascan de Rambouillet, à Simone Weil de Conflans, l’école régionale du premier degré de Conflans, et le lycée Viollet Leduc à Villiers St Frédéric. Il y a une dizaine de places par établissement réservées aux jeunes collégiens ou lycéens des quartiers pour qu’ils puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions matérielles. Il y a en 2010 le projet de l’ouverture d’un internat d’excellence d’une centaine de places à Marly le Roi.

Jean-jacques : Est-ce que l’on peut dresser un premier bilan dans les Yvelines du contrat d’autonomie?
Ce contrat qui s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans motivés pour s’insérer dans la vie professionnelle ou en formation, consiste en un accompagnement renforcé et individualisé d’une durée de 6 mois. Aujourd’hui on a 1 255 jeunes qui ont signé un contrat dans le département des Yvelines.
Parmi ceux qui sont déjà sortis aux out des 6 mois d’accompagnement, près de 300 jeunes sortent positivement du dispositif avec un emploi ou une formation qualifiante. C’est une mesure qui marche.

ginette : Pouvez-vous nous parler de l’école de la deuxième chance? Merci.
L’école de la deuxième chance est implantée sur 3 sites pédagogiques dans le département : Trappes, Les Mureaux et Magnanville. Elle s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans qui souhaitent être remis à niveau en vue de rechercher un emploi. En 2009, l’école a accueilli 211 nouveaux stagiaires. La même année, il y a eu une soixantaine de sorties en emplois ou en formations. Faten a eu cette expérience.
Faten : Je suis actuellement stagiaire de l’école de la deuxième chance à Trappes, c’est là où je fais ma remise à niveau pour améliorer mon niveau scolaire. J’ai en effet obtenu un bac scientifique mais à l’étranger. C’est pour cela que j’ai intégré l’école de la deuxième chance pour travailler sur mon projet professionnel : une formation de secrétariat en alternance. Je termine au mois d’octobre, et ça se passe bien.

stef : De grandes entreprises sont-elles associées car la situation de l’emploi est catastrophique !?
Certes, le contexte économique est conjoncturellement difficile. Toutes les entreprises, grandes, PME, et petites entreprises travaillent avec nous sur des projets comme l’alternance, l’apprentissage, les contrats de professionnalisation, les emplois aidés par l’Etat… Enfin bref tout ce qui permet de mettre le pied à l’étrier. Sur le plan national, une soixantaine de grandes entreprises ont signé des accords avec le secrétariat d’Etat à l’Emploi et les secrétariats d’Etat à la Ville pour engager des jeunes. Dans le domaine des « cordées de la réussite », de très grandes entreprises s’investissent également dans l’accès à l’excellence.

Seydou : Bonjour. J’aimerais savoir quand le recrutement des délégués de la préfète sera achevé pour notre département. Et en serons-nous mis au courant? Je vous remercie et je vous souhaite du bon courage.
Merci pour vos encouragements. J’ai nommé 4 délégués : Mantes, Les Mureaux, Trappes, La Vérrière St Quentin, et il me reste 2 postes à pourvoir à Chanteloup et à Sartrouville. C’est une fonction tout à fait passionnante, très motivante et je passe la parole à Christelle Desportes, Déléguée pour la Verrière et St Quentin en Yvelines.
Christelle Desportes : J’ai été recrutée le 1er septembre 2009. J’arrive de la protection judiciaire de la jeunesse où j’ai été éducatrice pendant 12 ans. Le poste de délégué du Préfet consiste à représenter l’Etat dans les quartiers, c’est un relai sur le terrain, un interlocuteur de proximité, qui vise à créer du lien, à faciliter les projets, à monter des partenariats, à veiller à ce que les dispositifs de politique de la ville soient utilisés de manière optimale.
Catherine Rais : Je suis déléguée à Trappes depuis le 15 décembre 2008. Nous sommes des interlocuteurs techniques pour tous les acteurs locaux qui œuvrent dans le domaine de la politique de la ville. On essaie de créer au maximum toutes les synergies et partenariats possibles entre les acteurs locaux, et ce, en étroite collaboration avec les maires et leurs équipes.

Manu L. : Les zones urbaines sensibles sont-elles les seules concernées par le plan de Fadela Amara ?
Le Plan Espoir Banlieues s’appliquent à 215 quartiers sur le territoire national. Un grand nombre de zones urbaines sensibles sont concernées. C’est le cas aussi dans le département.

samira : Quand ce plan doit-il se déterminer ? Sur combien de temps portent ces efforts ?
forette : Sur combien de temps devrait s’étendre le plan
Espoir Banlieues?

stef : Ce plan s’inscrit-il dans la durée ?
Il était question d’un plan sur 3 ans jusqu’à fin 2011. Mais il n’y a pas de fin annoncée pour ce plan.

DoMpIrO : A quoi sert l’Acsè ?
L’Agence Nationale de la Cohésion sociale et de l’Egalité des Chances qui a été mise en place en 2006 pour regrouper tous les moyens du volet social et éducatif de la politique de la ville. L’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU) a pour sa part en charge le volet rénovation de l’habitat. Les deux agences travaillent en étroite coordination. L’Acsé gère l’essentiel des crédits de la politique de la ville et s’occupe aussi de contribuer à la lutte contre les discriminations par l’information et la prévention. En 2009, c’est 12 millions d’euros que l’Acsé a consacrés au département des Yvelines pour le financement de plus de 150 associations et des projets portés par les communes. L’agence finance ainsi les postes de médiateurs dits « adultes relais » qui sont au nombre de 148 dans le département. Une association de Trappes permet ainsi de faire le lien entre les services publics et la population du quartier où cette association est basée grâce à un poste d’adulte-relai.

kaki : Notre préfecture est-elle en avance quant à la mise en place du plan espoir banlieues?
Il y a des mesures comme l’école de la deuxième chance ou les contrats d’autonomie où il y a un réel dynamisme grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs. On est aussi l’un des premiers départements de la région d’île de France à avoir créé une maison pluriprofessionnelle de santé à Chanteloup, et on a deux autres projets en cours.

usus de mantes : Madame la préfète, vous suivez vous-même les actions engagées ? Avez-vous un devoir de « résultats » ?
Je suis personnellement la mise en œuvre de la politique de la ville, car je considère que c’est une politique juste qui vise à rétablir l’égalité des chances pour tous et partout. Bien sûr que j’attends des résultats et il y en a dans ce département des Yvelines avec une véritable volonté de réussir partagée par les services de l’Etat, mais aussi tous nos autres partenaires, les élus et les associations, notamment. Et il y a encore des projets…

Samir : A qui s’adresser pour avoir un contrat autonomie ? Quel démarche faire ?
maryse : Pour diriger des jeunes en échec d’emploi vers le contrat d’autonomie, comment faut-il s’y prendre ?

Vous pouvez vous adresser à votre mission locale ou contacter l’opérateur en charge du contrat d’autonomie C3 consultants qui dispose de trois sites dans les Yvelines à :

- Mantes-la-Jolie : 01.39.29.29.69
- Le Pecq : 01.30.09.41.41
- Guyancourt : 01.30.43.47.95

Manu L. : Je voudrais connaître les mesures en matière de transports. Quelles sont elles ?
Sacha R : Sur les transports, certains chantiers ont-ils commencé dans les Yvelines ?

La dynamique espoir banlieue a permis de réserver 500 millions d’euros sur les crédits prévus dans de cadre du développement des transports en commun du Grenelle de l’environnement pour financer la desserte des quartiers sensibles. Ces moyens ont permis d’accélérer des projets de désenclavement des quartiers d’Ile de France et en particulier dans les Yvelines la tangentielle nord entre Sartrouville et Noisy-le-Sec dont la première phase est engagée.

djak : Concrètement HEC accepte des élèves en difficulté ? Sur quels critères ? Pour quelle formation ?

Dans le cadre des cordées de la réussite, des étudiants d’HEC accompagnent des lycéens à fort potentiel issus des établissements scolaires situés en contrats urbains de cohésion sociale afin de les encourager à poursuivre des études supérieures et de les aider à accéder à des formations d’excellence. La scolarité dans cette école est facilitée financièrement pour les boursiers.

Pour les élèves en difficulté, la Préfecture, en lien avec l’Inspection académique a mis en œuvre depuis 2005, grâce au crédits de l’ACSE, un programme de réussite éducative qui s’adresse aux enfants et adolescents de 2 à 16 ans qui rencontrent des difficultés. En 2009, plus de 2 500 jeunes ont ainsi bénéficié d’un suivi individualisé par des équipes pluridisciplinaires de soutien dans les 18 communes inscrites dans ce programme dans le département.

vivor : bonjour, pourriez vous nous décrire les gens dans la salle ?

La Préfète était entourée du Secrétaire général, du directeur de cabinet, de la Sous-Préfète chargée de mission pour la politique de la ville, de la directrice départementale de l’équipement et de l’agriculture, de la directrice départementale du travail, de l’inspectrice académique adjointe, de déléguées du Préfet à Trappes et à Saint-Quentin-en-Yvelines mais aussi de lycéens et d’étudiants inscrits dans le dispositif des cordées de la réussite et d’une stagiaire de l’école de la deuxième chance.

Alien7 : J’ai vu l’annonce du chat sur le parisien. Bravo pour cette initiative ! Comment les quartiers sont-ils classés prioritaires ? Quels sont les quartiers des Yvelines concernés ?

La géographie prioritaire de la politique de la ville a été déterminée en fonction d’un certain nombre d’indicateurs comme le revenu des ménages, le taux de logements sociaux, le nombre de demandeurs d’emploi, le retard scolaire, les chiffres de la délinquance etc. Vous trouverez ci-joint la carte des quartiers en contrat urbains de cohésion sociale du département.

Amiga08 : J’ai vu qu’il existait un Label Dynamique Jeunesse et Sport, de quoi s’agit-il ? Ce label ne concerne que le sport ?

Ce label permet de distinguer des actions ayant amélioré le « vivre ensemble » d’un quartier et la qualité de vie de ses habitants parla création de lien social. Ce label constitue avant out une reconnaissance par l’Etat de la qualité de l’action conduite justifiant d’un accompagnement administratif, technique et pédagogique. Ce label concerne aussi bien des associations sportives que des associations d’éducation populaire. J’ai remis le 16 septembre 2009 des labels « dynamique espoir banlieues » à 7 associations des Yvelines.

Merci beaucoup, un mot de conclusion ?
J’ai pris beaucoup d’intérêt à vous écouter et j’ai ressenti votre regard attentif sur ces sujets. C’est un encouragement pour moi et mon équipe à poursuivre et à répondre à vos préoccupations. Bonne soirée à tous.

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