10 propositions…

Emplois et égalité des chance

Accompagnement individualisé des 16-25 ans les plus en difficulté par des réseaux de contact
Accompagnement de proximité pour la mise à l’emploi dans le secteur marchand
Répondre au besoin d’alphabétisation (offre linguistique)

L’éducation et la réussite

Ouvrir l’école à l’entreprise dans les quartiers
Le renforcement du lien école-famille

Le désenclavement et la fin de l’isolement des quartiers

Faire du projet urbain le projet des habitants
Revue générale des systèmes de concertation
Réorganiser les dessertes locales en transport collectif

La sécurité et la citoyenneté

Journées citoyennes
Exploitation des mains courantes par les médiateurs

Accompagnement individualisé des 16-25 ans les plus en difficulté par des réseaux de contact
Constats
Une partie des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification en très grande difficulté et très éloignés de l’emploi devront bénéficier préalablement d’un suivi social. Or, les missions locales ne parviennent pas à atteindre tous les jeunes. Il est difficile de quantifier les jeunes qui ne sont suivis par aucune structure et qui sont hors statistiques officielles.
Les associations de quartier sont les plus à même de repérer ces jeunes et d’être en contact avec eux mais n’ont pas forcément les compétences nécessaires pour les accompagner dans un parcours d’insertion.

Propositions
- Mettre en place autour des missions locales un réseau de contact avec les jeunes de 16 à 25 ans les plus en difficulté visant à les repérer, à les rencontrer et à leur proposer des parcours personnalisés d’insertion avec des référents.
- Le réseau de contact, composé notamment des représentants du club de prévention, des associations de prévention générale, des agents de prévention et de médiation de la commune, pourrait contribuer au diagnostic et aux recommandations sur le mode de ce qui se fait déjà dans les équipes de réussite éducative pour les jeunes de moins de 16 ans. Le suivi des plus de 16 ans prolongera le programme de réussite éducative et sera complémentaire.

Accompagnement de proximité pour la mise à l’emploi dans le secteur marchand
Constats
La question de l’emploi est cruciale et reste prioritaire dans les quartiers en particulier l’emploi des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification.

Il est reconnu toutefois par les intermédiaires de l’emploi qu’une partie du public en très grande difficulté ne relève pas de l’emploi mais que ce public devra bénéficier préalablement d’un suivi social.

Il ne s’agit pas créer de dispositifs nouveaux mais de pérenniser et de conforter les outils existants selon une démarche partagée par les professionnels de terrain.

Propositions
Renforcer l’accompagnement de proximité qualifié en réseau dans les quartiers pour la mise à l’emploi directe dans le secteur marchand en favorisant la mobilité des jeunes et en privilégiant l’orientation vers des filières porteuses sur le territoire (BTP, transports, aide à la personne…). L’accompagnement pourra se poursuivre ensuite pour assurer le maintien dans l’emploi.

Les actions de ce type existent déjà mais il conviendrait de les multiplier, de les amplifier afin de toucher un plus large public.

Répondre au besoin d’alphabétisation (offre linguistique)
Constats
La maîtrise de la langue est une condition essentielle à l’intégration et à l’insertion professionnelle. Elle est également un gage pour les parents afin d’assumer leur autorité sur leurs enfants. Dans les quartiers sensibles, cette maîtrise est insuffisante. Il est d’ailleurs tout à fait possible de vivre dans son quartier sans parler le Français. Cette situation renforce le communautarisme.

Le besoin en matière d’alphabétisation n’est pas mesuré précisément dans les quartiers mais, lors des rencontres territoriales, il a été signalé que l’offre n’est pas la hauteur tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Propositions
- Mise en place et renforcement de coordinations locales en mesure d’adapter l’offre aux besoins d’alphabétisation et d’organiser des parcours linguistiques grâce à des intervenants qualifiés. L’adaptation de l’offre relèvera d’une consultation des bénéficiaires ou de leurs proches.
- Evaluation des formations proposées et bilan de compétences pour les intervenants

Ouvrir l’école à l’entreprise dans les quartiers
Constats
Il est nécessaire de permettre aux collégiens et lycéens de connaître les métiers et les codes de l’entreprise, ce qui suppose d’ouvrir davantage les établissements scolaires au monde du travail.
Les stages d’une semaine en entreprise ou en administration des élèves de 3ème sont très insuffisants pour permettre aux jeunes de s’ouvrir au monde professionnel.
Il faut aussi valoriser les compétences pratiques des élèves aux même titre que les résultats scolaires.

Proposition
- Développer les modules de découverte du monde professionnel dans le parcours scolaire. Le nombre d’offre stages étant faible, il est nécessaire de privilégier les élèves des établissements en réseau d’éducation prioritaire dont une grande partie des parents ne dispose pas de réseau d’introduction dans les entreprises, et de leur proposer un « coup de pouce ».

Il convient de faire figurer dans le cursus scolaire :

- des présentations de métiers et des visites d’entreprises pour permettre une orientation professionnelle qui soit un véritable choix pour les jeunes,
- des stages en entreprises obligatoires dans le cadre du parcours scolaire pour que les élèves s’approprient les codes de l’entreprise.
- des ateliers de techniques de recherche d’emploi au lycée

Le renforcement du lien école-famille
Constats
L’absence de liaison entre les familles des quartiers et l’école est un frein à l’exercice de la parentalité, à la mobilisation des parents dans leur rôle d’éducateur premier et a des conséquences sur la réussite scolaire des élèves.

Proposition
Le renforcement d’un lien entre l’école et la famille pourra se traduire très concrètement pour l’ensemble des établissements scolaires des quartiers en difficulté par :

une salle dédiée aux parents d’élèves au sein de l’établissement scolaire qui constituerait un espace de rencontre avec l’institution d’une part et entre les familles d’autre part

- un contact solennisé entre l’équipe enseignante et les parents autour des valeurs de l’école républicaine au moment privilégié de la première inscription de l’enfant à l’école

une visite et une présentation du quartier aux nouveaux enseignants affectés à chaque rentrée qui leur permettrait d’avoir un premier contact avec l’environnement social des élèves.

Faire du projet urbain le projet des habitants
Constats
Beaucoup d’habitants manifestent des craintes actuellement vis-à-vis des opérations de renouvellement urbain. Ils ne sont pas convaincus que ces opérations leur sont destinées.
Les relogements effectués dans les opérations de démolitions ont brisé les réseaux de solidarité qui y existaient. Beaucoup regrettent qu’un projet social n’accompagne pas le projet urbain.

Proposition
Associer les habitants dès la conception du projet urbain de plusieurs façons :

mise en place de conseils consultatifs de quartier en y associant des habitants à la représentativité indiscutable, et si nécessaire ayant reçu une formation adaptée
constituer des panels représentatifs de différents types d’habitants (jeune, femme…) et leur soumettre les pré-projets
ouvrir les conseils d’administration des organismes HLM aux représentants des locataires des quartiers en rénovation (amicale des locataires…)
inviter les représentants des conseils consultatifs à certaines réunions de l’ANRU

Revue générale des systèmes de concertation
Constats
Tous les débats lors des rencontres territoriales montrent que les habitants aiment leur quartier. Ils souhaitent que des parcours résidentiels attractifs y soient mis en place. Ils demandent que l’image qu’en reflète les médias soit plus positive. La réussite sera que des personnes extérieures viennent y résider. L’ouverture doit se faire du quartier à la ville et de la ville au quartier. La fermeture des commerces de proximité isole davantage les quartiers et les rend moins attractifs.
Souvent les habitants ne se sont pas appropriés les projets de restructuration.

Proposition
-Organiser au niveau central une revue générale des systèmes de concertation existants dans les domaines sociaux et du logement avec l’ensemble des parties concernées.

Réorganiser les dessertes locales en transport collectif
Constats
Un décret datant de 1949 a instauré en Ile de France des droits de ligne qui placent les sociétés de transport en situation de monopole.
Le financement que leur verse le STIF est calculé selon le nombre de cartes orange qui les emprunte.
La logique financière pousse par conséquent les transporteurs à privilégier le rabattage sur gare aux heures pleines.
L’existence des autres dessertes est soumises à la volonté ou à la capacité des communes à acheter des heures au STIF.
Jusqu’en 2006, le STIF subventionnait ce type de desserte au titre de la politique de la ville.
La disparition de ces subventions a amené certaines collectivités à fermer des lignes en 2007 (la CAMY par exemple, confrontée à la suppression d’une subvention annuelle de 160000€).

Proposition
Obtenir du STIF qu’il oriente sa politique en faveur de la priorité des banlieues et y consacre le financement nécessaire.

Journées citoyennes
Constats
De nombreux jeunes manifestent une insuffisante connaissance des institutions existantes en France, ainsi que des droits et des devoirs qui sont les leurs dans la société. Cette situation peut faciliter la commission d’actes d’incivilités ou délictueux car la méconnaissance peut entraîner une distanciation entre les jeunes et les institutions, une absence de dialogue et ensuite des phénomènes d’irrespect voire de violence vis à vis des personnes travaillant au sein des institutions et structures publiques.

Proposition
En s’inspirant de l’opération « passeport citoyen » initiée aux Mureaux depuis 2006, il serait intéressant de mettre en place, pour des jeunes venant d’avoir 16 ou 18 ans, deux journées de visite des principales institutions publiques et de présentation des droits et des devoirs de tout citoyen français, afin de faciliter leur compréhension du fonctionnement de la société.

Les exemples d’institutions qui pourraient être visitées peuvent être un commissariat, le tribunal de grande instance, la brigade de prévention de la délinquance juvénile, le service pénitentiaire d’insertion et de probation, la Préfecture, mais aussi une caserne de pompiers, un espace territorial, la SNCF ou la Poste…

Exploitation des mains courantes par les médiateurs
Constats
Réticence de certains médiateurs à travailler avec la police et manque de reconnaissance des médiateurs par les forces de l’ordre
Faible taux de traitement des mains courantes
Besoin de qualification des médiateurs

Proposition
Les commissariats pourront confier l’exploitation des mains courantes aux médiateurs (adultes-relais en particulier) qui occupent des fonctions d’agents de prévention et de médiation et les correspondants de nuit.

Une expérience, initiée par la commune de Nogent-sur-Oise avec le commissariat de Creil en 2003, a consisté à confier le traitement de certaines situations extraites des mains courants sélectionnées par la police aux médiateurs. Le médiateur contacte le plaignant et si nécessaire le mis en cause. Après analyse de la situation, le médiateur décide de réunir les deux parties. La police propose au plaignant d’ajouter la formule suivante à la main courante « je suis d’accord pour rencontrer les médiateurs pour qu’ils m’aident à résoudre mon problème ».

Cette pratique pourra associer les travailleurs sociaux dans les commissariats (6 dans les Yvelines) qui orienteront les plaignants vers les médiateurs.

Plus généralement, un protocole de travail pourra établi entre la police nationale et les médiateurs basé sur leur complémentarité.