Bonsoir à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Christian de Lavernée, préfet des Yvelines, pour répondre à toutes vos questions dans le cadre des Rencontres Territoriales.
Bonsoir à toutes et à tous.
Mistere_Maulale : Vous en pensez quoi de ces rencontres voulues par la ministre ?
C’est vraiment une occasion à saisir. On peut tout attendre des mesures gouvernementales, mais on peut aussi avoir envie de proposer des solutions. Je crois vraiment que l’amélioration dans les quartiers, c’est l’affaire de tous.
samir : Monsieur le Préfet, aujourd’hui, il existe un véritable décalage entre les personnes chargées de suivre et d’aider les jeunes dans leur démarche pour trouver du travail : à mon sens, les missions locales et leurs conseillers sont à côté de la plaque, je vous propose d’initier en 2008 un véritable travail de partenariat avec les boites d’intérim. Les correspondants ont un véritable feeling avec nos jeunes des quartiers, la souplesse des missions et le niveau de qualification leur permet de se raccrocher à une vie sociale et professionnelle,
Les missions locales font quand même du bon boulot ! Mais pourquoi pas retenir votre idée d’organiser des échanges entre le service public de l’emploi et les boîtes d’intérim. Ils peuvent sûrement s’apporter quelque chose. Mais il faut rappeler aussi que les missions locales recherchent l’intégration durable dans l’emploi, et les jeunes trouvent en revanche assez facilement eux-mêmes des missions d’intérim.
sousou78 : Monsieur Le Préfet, que faites-vous des jeunes mineurs qui nous agressent verbalement dans notre quartier ou dégradent nos voitures ?
D’abord, il ne faut pas stigmatiser les jeunes. Cela dit, les jeunes ou moins jeunes qui commettent des incivilités, sont régulièrement interpellés par les services de police. Il faut que les victimes informent bien les services de police. C’est le procureur de la République qui décide ensuite des suites pénales à donner. Pour les mineurs, il y a tout un éventail de dispositifs : rappel à la Loi, mesures éducatives, retour à l’école dans des classes relais adaptées, travaux d’intérêt général ainsi que d’autres mesures de réparation.
nadia : Je souhaite attirer l’attention sur le nombre de plus en plus élevé de jeunes professeurs des écoles qui à peine leur diplôme en poche se retrouvent parachuter dans ces écoles classés ZEP. Priorité ZEP, mention ZEP !!!! Ceci n’est pas un message contre ces jeunes diplômés mais soyons réalistes, l’éducation nationale devrait affecter avec plus de discernement les nouveaux profs. Monsieur le Préfet, j’aimerai diplômes le nombre de profs venant d’obtenir leur diplôme et affectés dans nos quartiers difficiles.
C’est une vraie question. Comme partout, il y a actuellement beaucoup de départs à la retraite dans l’Education nationale, et donc beaucoup de recrutements de jeunes. En outre, dans tous les services publics, on a des demandes de mutation des fonctionnaires vers la province à cause du coût du logement. Mais, il n’y a pas plus de jeunes dans les ZEP que dans les autres établissements du département. Dans les ZEP, les jeunes enseignants sont accompagnés par des inspecteurs et conseillers pédagogiques.
Francois.ponders : Ces rencontres se font seulement chez nous ou c’est partout en France ?
Dodi : Quels sont les objectifs de ces rencontres territoriales ?
Lazo : Quels seront les thèmes abordés pendant ces rencontres ?
200 rencontres sont organisées sur l’ensemble du territoire national avec pour objectif de faire participer les habitants des quartiers dits « sensibles » afin de bien cibler les mesures du futur plan Banlieues. Dans les Yvelines, 4 thèmes vont être abordés au cours de 3 rencontres :- L’accès à l’emploi- Le désenclavement des quartiers- La réussite éducative- La sécurité et la citoyenneté
yacine : On entend parler de discrimination positive depuis 2 ans pourtant même dans les faits, ce discours un peu démago n’est pas appliqué. Quelles dispositions pouvez-vous prendre à l’échelle locale pour favoriser notre accès à l’emploi. Je suis l’un de ses jeunes en difficultés et je sais écrire (!!!) mais on ne me propose rien malgré toutes mes démarches. Discriminez-moi !
On a proposé l’année dernière aux entreprises des Yvelines de signer la Charte de la Diversité, proposée par « IMS Entreprendre pour la Cité » de Claude Bébéar. 17 entreprises l’ont signé sur notre département, et il faut que je fasse une relance, pourquoi pas à l’occasion des rencontres. Comme il n’y a pas d’obligation légale sur ce sujet, la démarche proposée consiste à développer l’intérêt des cadres de l’entreprise pour les candidats à l’emploi issus de la diversité. En effet, beaucoup d’entreprises comprennent que c’est leur intérêt de diversifier le profil de leurs collaborateurs, parce que cela améliore le dynamisme du groupe et, parfois même, cela a un intérêt commercial direct.
Fabien : Monsieur le Préfet, la rénovation urbaine est, à mon sens, une bonne chose qui doit permettre à terme de rendre l’attractivité et la mixité sociale qui manquent aux communes concernées. Néanmoins, dans un contexte de forte pénurie de logements sociaux dans notre département, du fait d’une grande majorité de communes hors la loi au titre de l’article 55 de la loi SRU, et dans un contexte de mise en place du Droit Opposable au Logement, une question se pose sur le lieux de relogement de toutes ces familles (logements démolis ou plusieurs familles dans un même logement). Merci pour votre réponse.
Le programme de rénovation urbaine fixe en même temps les démolitions et la reconstitution systématique par la reconstruction en général pour la plus grande part dans la même commune. Au-delà de cette reconstitution « 1 pour 1″, les Pouvoirs publics poussent les feux pour développer la construction neuve dans les Yvelines. Et dans cette construction neuve, on veille à ce qu’il y ait une large part de logements sociaux.
Alma : J’ai beaucoup d’interrogations sur le pourcentage de crédits de droits commun et celui de crédits politique de la ville dans les quartiers sensibles. Pourquoi ce droit commun s’est retiré des quartiers et laisse la place aux dispositifs spécifiques?
C’est une idée fausse. Les crédits de la politique de la ville ne viennent pas en substitution des crédits de droit commun, mais en complément. Plus de 11 millions d’euros de crédits de fonctionnement ont été alloués aux quartiers les plus défavorisés en 2007. Au titre de la seule politique de la ville. Mais la totalité des crédits alloués aux quartiers sur l’ensemble du budget de l’Etat représente certainement plusieurs centaines de millions d’euros. Comme préfet, je veille toujours à la priorité du développement des quartiers, dans la répartition des crédits et aussi dans les préoccupations des responsables de tous les services.
natalys : Monsieur le Préfet, merci de nous consacrer ce début de soirée, je souhaite connaître votre position par rapport aux mesures fortes de renforcement de la vidéosurveillance : Comment garantir le respect des règles, que des abus ne seront pas de mise ? Les habitants devront-ils être consultés sur les zones à surveiller ? L’Etat aurat-il un droit de regard sur ce que compte faire le maire en matière de vidéosurveillance ? J’habite sur une commune dite leader du département en la matière, le financement des équipements ne se fait il pas en dehors d’autres projets d’appui à l’éducation ou à l’accès à l’emploi.
Je suis très favorable à la vidéosurveillance parce qu’elle fournit des éléments d’enquête indiscutables à la Justice en cas de besoin. Et je suis très tranquille pour les libertés parce que toutes les caméras posées sur la voie publique sont au préalable autorisées par une commission indépendante présidée par un magistrat, et que l’utilisation des images obéit à des règles très stricte de confidentialité.
Dodi : Génial ce chat… Merci de vos réponses M. le Préfet
Merci à vous de vos encouragements
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Jerem : Bonjour. Vous utilisez beaucoup les nouvelles technologies : Blog, chat… Qu’est-ce qui vous a donné l’idée ? Etes-vous féru de ces nouveaux moyens de communication ?
A vrai dire, c’est l’initiative nationale de Fadela Amara qui nous a donné l’idée. Et puis, il ne faut pas croire non plus que les administrations ne sont que des lieux poussiéreux où il n’y a pas d’ordinateurs.
cheops : Sur la rénovation urbaine : des familles en provenance de quartiers en ZUS ont été déplacées dans des quartiers hors contrats de ville : leurs enfant n’ont plus accès à l’offre de service valant pour les vacances, l’accompagnement à la scolarité, ne doit on pas bouger les lignes des territoires en fonction des besoins des populations ?
Il ne faut pas regretter d’emménager dans un quartier hors contrat de ville, puisque l’on recherche justement une certaine mixité sociale. En plus, les communes favorisées ont plutôt la réputation d’offrir toutes sortes de services pour les loisirs ou les vacances des enfants. Je retiens de votre question qu’il faut veiller à ce que l’accompagnement social du déménagement aille bien jusqu’au bout en mettant la famille en relation avec les services utiles de sa nouvelle commune.
Cheikh Oumar Ba : Un proverbe Pulaar dit « Lekki ki alaa zazi darotako » (un arbre sans racines ne peut se fixer). Un enfant sans famille, sans attaches ne peut pas avoir des limites. Pour moi, tant qu’on n’associe pas ces parents, on ne les informe pas sur les lois de la République, sur leurs droits sur leurs enfants. Quant à l’Etat, il doit tout faire pour intégrer tout le monde, il doit aussi tenir compte du présent de ces gens là, mais aussi de leur passé récent ou lointain, pour construire une nation plus solidaire, une société où il y a plus de réussites que d’échecs.
Je ne sais pas qui sont les Pulaar, mais ce doit être des gens sages ! Votre question touche à l’essentiel de la cause et du remède à nos problèmes de quartiers. Il existe des médiateurs école/parents pour soutenir ceux-ci dans l’exercice de leur responsabilité quand c’est nécessaire. Il y a également des « cafés des parents » pour que tous ceux qui rencontrent des difficultés d’autorité puissent en parler ensemble et se sentir soutenus par les autorités publiques. C’est vrai qu’il ne peut pas y avoir de République sans reconnaissance du rôle des parents.
art55 : Vous engagez-vous à faire en sorte de reloger à loyer égal et superficie égale les habitants des barres d’immeubles menacées de destruction??
La règle absolue appliquée à tous les ménages modestes (ceux qui gagnent moins de 70% du plafond de ressources HLM), c’est de ne pas augmenter le loyer à superficie égale. Pour être encore plus précis, cette garantie s’applique au « reste à charge » une fois perçues les aides au logement.
Mireille fresil : Est-il normal qu’une mère de famille qui travaille chez Renault jusqu’à 20h mettent 2h pour rentrer chez elle à Trappes alors qu’en voiture 10 minutes suffisent ? Les jeunes ne peuvent plus se payer le permis de conduire. Je préconise que le permis de conduire soit pris en charge par l’Etat au même titre que l’Education Nationale. Cela pourrait d’ailleurs assainir la profession… et permettre un véritable travail d’éducation et de formation citoyenne. Bien à vous.
Vous avez raison, le permis de conduire devient véritablement inabordable pour beaucoup de gens. C’est pourquoi l’Etat a créé le « permis à 1 euro » via un système d’emprunt garanti. Certaines communes se sont lancées dans un financement d’une partie importante du budget en contrepartie de services d’intérêt général effectués dans la commune par le candidat.
Alma : C’est très intéressant comme initiative ce blog. J’espère que cela inspirera certains maires des différents communes pour développer leur démocratie participative…
samir : Monsieur le Préfet, je souhaiterai connaître votre positionnement sur le fait que de nombreuses personnes issues de l’immigration sont sollicitées sur les prochaines listes des municipales de mars prochain, les jeunes filles tout particulièrement. Nos quartiers dits sensibles ont besoin d’élus qui portent la diversité.
Je trouve ça excellent. La réponse est dans votre question. Et je suis sûr que, le moment venu, ces nouveaux élus réussiront à merveille.
art55 : Je suis travailleur handicapé, autant vous dire que l’équipement des bus n’est vraiment pas encore au niveau pour l’accessibilité des fauteuils. Que comptez-vous faire à très court terme ?? Merci.
J’organise une rencontre sur ces sujets d’accessibilité à la préfecture le 6 décembre après -midi, avec toutes les associations de handicapés et les 75 communes de plus de 5 000 habitants qui doivent légalement se pencher qur le problème. Pour y être invité, prenez contact de ma part avec association de votre choix.
jeanmi210295 : Bonjour, je vous rappelle le problème de la navette express A14 qui ne s’arrête pas au moins 1 fois le soir au retour vers les Mureaux, chaque jour, je subis cette perte de temps (entre 30 et 40 minutes de temps perdu). Il est grand temps de penser aux usagers de cette navette qui habitent vers les Sablons-Grand Ouest, etc. En espérant que ma demande sera prise en considération. Bien cordialement.
J’ai bien noté les nombreux messages concernant les transports en commun. Je les soumettrai aux maires concernés et au syndicat des transports d’Ile-de-France. Pour favoriser la meilleure desserte des quartiers. C’est typiquement le genre de questions qui sera discutée lors de la rencontre du 6 novembre à Ecquevilly, puisqu’il y aura un atelier sur le désenclavement.
Laurent : Bonjour. Quelles sont les propositions que vous avez d’ores et déjà adoptées ?
J’ai retenu l’idée de réserver une partie significative des offres d’emplois de vacataires à la préfecture et dans les services de l’Etat aux missions locales compétentes sur les quartiers sensibles. Mais j’ai aussi noté beaucoup d’autres contributions moins précises mais instructives, notamment sur l’insertion des jeunes dans le travail. Ou encore sur la mixité du peuplement dans les quartiers. Le Blog reste ouvert jusqu’au 30 novembre. Continuez à l’alimenter, et je continuerai à répondre à toutes vos questions.
Merci beaucoup Monsieur le préfet, le mot de la fin ?
Merci à tous, vous avez été nombreux à participer à ce chat. C’est vrai que c’est une nouvelle façon d’utiliser nos ordinateurs. A mon avis, ce ne sera pas la dernière fois. Et bien sûr, rendez-vous le 6 novembre à Ecquevilly, le 8 à St Quentin et le 12 à Achères. Bonne soirée à toutes et à tous.
J'animerai le mardi 11 mai 2010 prochain entre 19h00 et 20h00 un chat sur la dynamique espoir banlieues dans le département au cours duquel je répondrai en direct à toutes les questions que vous vous posez sur le sujet...