L’éducation de nos enfants est d’abord l’affaire des parents. Récemment, des responsables associatifs m’ont dit que dans certains quartiers des parents ont peur de leurs enfants. Je n’en fais pas bien entendu une généralité, loin de là. Mais je constate que beaucoup de parents qui ne sont pas démissionnaires sont démunis car toutes les conditions ne sont pas réunies pour qu’ils assument correctement, dignement, leur responsabilité, leur autorité.De nombreux dispositifs et initiatives existent pourtant au cœur des quartiers mais ils ne paraissent pas suffisants. L’école de la République a aussi toute sa part dans l’éducation et la réussite de nos enfants. Des moyens considérables, des pratiques nouvelles de partenariat bénéficient aux quartiers et ont montré leur pertinence. Il reste encore beaucoup à faire, j’en suis conscient.J’attends vos commentaires, vos suggestions sur un sujet qui est au cœur du pacte républicain.Lire la dernière réaction de M. Le Préfet
J'animerai le mardi 11 mai 2010 prochain entre 19h00 et 20h00 un chat sur la dynamique espoir banlieues dans le département au cours duquel je répondrai en direct à toutes les questions que vous vous posez sur le sujet...
Monsieur le Préfet, je viens de recevoir un mail pour me proposer de visiter votre blog mais avant de parler de l’école de la république, parlons de la créche de la république, deux poids deux mesures, je souhaite que l’on puisse un jour uniformiser et rendre transparent les critères d’entrée. La selection se fait encore par piston et par intervention auprès du Maire. Qui finance ces structures ? j’aimerai que mon fils même si sa grand mère peut le garder puisse avoir la chance de démarrer sa sociabilisation avec d’autres enfants, autour de moi toutes mes amies ont vu leur demande refuser, je vous invite à aller un jour dans ces communes dite en politique de la ville regarder ldans les creches municpales la liste des enfants admis je parie qu’il ne doit pas y avoir bcp de mohamed et de yaminata
Je vous remrcie pour votre attention et je serai presente à la viste de Madame AMARA qui me semble ne pas avoir sa langue dans la poche
Merci Mr le Prefet de donner la parole aux acteurs de terrain.Je dirrige une association depuis 7 ans à Mantes la jolie et je voudrai faire quelques propositions dans le domaine de l’éducation et de la formation.
Il me semble nécessaire de parler de l’école de l’excellence,celle ci ne peut voir le jour que lorsqu’on aura plus peur d’employer le mot »selection ».Je trouve anormal que des éléves arrivent en 6ème sans savoir lire et écrire.
Il faut que l’école reviennent sur les fondamentaux.
L’excellence et la sélection ne doivent en aucun cas laisser sur le chemin des enfants de la république c’est pourquoi je propose que les filières professionnelles soient autant valorisées que les filières générales où les grandes écoles et qu’on mette en place des passerelles permettant aux uns et aux autres de se croiser car pour moi on peut devenir ingenieur sans avoir fait auparavant une grande école.
On doit dimunuer les heures de cours en mettant l’accent sur les matières fondamentales mais également en développant des « Quatiers libres » pour permettre aux éléves qui le souhaitent de faire éclore leur talent dans les autres domaines.
Avec l’autonomie des universités il faut des « Contrats Pluriannuels d’Objectif »entre celles-ci ,l’Etat et la Région.
Cela étant il faut en amont préparer nos enfants à devenir de bons citoyens en leur inculquant les valeurs de la République mais cette dernière ne doit laisser aucun de ses enfants sur le bord du Chemin.Je suis pour l’enseignement de la Marseillaise à la maternelle à la place de la »Souris Verte »,je suis pour la levée du drapeau le matin à 8h30 je suis pour l’Uniforme à l’école car elle peut être facteur d égalité et de sociabilisation.
Dans les quartiers difficiles il faut lutter contre la ghettoisation des communautés il faut plus de mixité sociale dans ces quartiers et lutter contre le chomage et la discrimination à l’embauche car pour moi tous les enfants sont des fils et des filles de la république comme l’avait rappelé à juste titre le président Chirac le 15 Novembre 2005.
La France de 2007 doit faire sa Revolution Mentale elle a besoin de réformes en profondeur,des réformes justes et équitables pour que citoyen se sente dépositaire d’une partie du destin de notre Nation.
Merci .CMM 78 Mantes la Jolie.
bonsoir,
les rencontres territoriales vont elles pouvoir aborder les problématiques liées à l’école aujourd’hui ( le nombre d’enfant par classe, la carte scolaire discriminante, les méthodes éducatives inadaptées…) ou bien ces rencontres seront elles excusivement les propositions des acteurs périphériques de l’école ?
Merci
La carte scolaire est une grande hypocrisie et source d’inégalités et de résignations. Traiter des choses inégales de manière égale c’est institutionaliser et perpétuer les inégalités. Nous vivons dans un département (et un pays) très contrasté: Mantes ou Sartrouville ne sont pas Versailles ou Saint Germain, le tissu économique et social est très différent. Or la carte scolaire s’attache à traiter des données géographiques de manière égale alors que socialement il y a de grandes inégalités. Tout parent qui peut se le permettre économiquement essaie d’envoye son enfant à une « bonne école » qui conditionne sa réussite. Finalement, on garde prisonnier des « quartiers défavorisés » et des « mauvaises écoles » les parents et les élèves qui ne peuvent pas se le permettre. Cela provoque un sentiment de résignation, d’impuissance et de désintérêt pour l’école. Il faut donner aux gens une perspective, une ambition une responsabilité, il faut abolir ce système inégalitaire.
merci rose pour ce message. Je souhaite également attirer l’attention sur le nombre de plus en plus élévé de jeunes professeurs des écoles qui à peine leur diplôme en poche se retrouvent parachuter dans ces écoles classés zep priorité zep mention zep!!!!
les premières victimes sont nos frères et soeurs qui sont à cause d’une concentration de problèmes se retrouvent largués
ceci n’est pas un message contre cs jeunes diplomes mais soyons réalistes, l’éducation nationale devrait affecter avec plus de discernement les nouveaux profs et pas les envoyer se planter, finir démitivés en moins d’un an
je sias de quoi je parle ma belle soeur a été affecté l’an dernier sur chanteloup, est elle prof des écoles, educatrice, assistante sociale
trop c’est trop
Monsieur le Préfet, j’aimerai connaitre le nombre de profs venant d’obtenir leur diplôme et affecter dans nos quartiers difficiles
S’agissant de la carte scolaire évoquée par le message de rose, c’est un sujet complexe qui me tient à cœur. J’examine aujourd’hui avec attention les incidences de son assouplissement depuis la rentrée scolaire. Je suis preneur de toutes vos contributions en la matière.
Je partage d’ailleurs l’avis des internautes CCM78 et zorro qui disent bien que la question de la réussite scolaire dépend très largement de l’environnement dans lequel les enfants vivent. Ces questions scolaires rejoignent finalement celles relatives au peuplement. Je dirais qu’il n’y pas de mixité dans certaines écoles car trop souvent il n’y a pas de mixité dans certains quartiers, d’où la nécessité de poursuivre le programme de rénovation urbaine.
En réponse au message de samb, l’accompagnement à la scolarité concerne dans ce département plus de 5 000 élèves. Près de 1 700 enfants ou adolescents bénéficient d’un suivi individualisé dans le cadre du programme de réussite éducative lancé en 2005 qui concerne aujourd’hui dix-huit communes du département. La mise en place de l’accompagnement éducatif pour les « orphelins de 16 heures » à compter du mois de novembre dans les collèges en éducation prioritaire va permettre d’accroître les moyens, l’enjeu étant de répondre aux besoins des élèves les plus en difficulté.
En réponse au message de Madame M, les crèches relèvent des compétences communales et sont financées par le Conseil général et la CAF. Concernant les modes de garde, je souligne que des initiatives associatives originales existent depuis plusieurs années notamment à Chanteloup-les-Vignes et à Sartrouville au bénéfice des habitants des quartiers sensibles.
L’éducation pose de grands problèmes au nveau des familles.Les familles sont démunies devant l’echec de leurs enfants.Nous saluons les initiatives de certaines associations qui font du soutien et de l’accompagnment scolaire.Mais le mal est profond.A tous les niveaux ,les gosses ont des problèmes.Les associations et les écoles ne disposent pas ni de moyens humains et financiers pour y faire face.
Il faut aider les associations à acquerir des locaux adaptés et surtout à trouver des moyens pour mieux intéresser les lycéens qui veulent faire de l’accompagnement scolaire.Les universitares s’intéressent peu ou pas à l’accompagnement dans nos quartiers.
Je ne pense pas que les moyens de l’éducation prioritaires et les initiatives actuelles en matière d’accompagnement à la scolarité suffisent pour répondre aux difficultés scolaires des élèves issus des quartiers sensibles.
On retrouve des élèves en 5e ou 4e qui ne savent pas lire, écrire et compter correctement, des résultats catastrophiques dans toutes les disciplines et le passage des classes s’est fait uniquement au profit de l’âge. Comment on est arrivé là ? Quel est l’historique scolaire de ces élèves ?
Il y a actuellement un cercle vicieux de l’échec scolaire dans le primaire : dès CE1 les élèves commencent à recevoir beaucoup trop de devoirs pour différentes disciplines ( malgré les directives EN) alors que pour la plupart d’entre eux, ils ne peuvent pas être aidés par leurs parents et/ou ils n’ont pas l’espace adapté pour les réaliser ; par conséquent, ils n’arrivent pas à les faire et se dispersent trop malgré toute aide extrascolaire ; cela engendra la dévalorisation des ces élèves dans la classe et par la suite, le refus et l’échec scolaire.
Effectivement, il y a les actions de soutien scolaire, mais elles ne peuvent pas faire face au retard scolaire en progression de ces élèves.
Les changements profonds devraient se produire en préventif dans les écoles élémentaires.
Je pense qu’il est très important de revoir et adapter les objectifs scolaires dans les écoles difficiles et s’assurer qu’elles sont réellement adoptés par chaque enseignant :
- ne plus donner des devoirs pour les élèves fragiles ;
- prioriser l’acquisition des notions de base en lecture et écriture, maths avant de s’étendre vers d’autres matières qui ne font que disperser les élèves par ces exigences supplémentaires;
Sans trop juger, je me demande si la majorité des enseignants connaissent réellement les conditions de vie des leurs élèves: la précarité, vivre à 10 dans un F3 avec la télé allumée tout au long de la journée, sans bureau pour étaler son cartable, les plus grands qui s’occupent de plus petits et sont surinvestis en adultes pour traduire et lire pour leurs parents, etc…….
Les dispositifs de réussite éducative sont innovants en matière d’intervention éducative dans les territoires sensibles, mais selon mon analyse, il y a des carences énormes en matière de droit commun.
Le Conseil Général a la competence de l’aide sociale à l’enfance et mes moyens ne sont pas suffisantes.
Entre la date d’une demande d’AEMO (action éducative en milieu ouvert) et la mise en place effective par l’intervention d’un éducateur de prévention de l’aide sociale à l’enfance dans la famille, il peut y avoir 6 à 8 mois.
Certaines décisions de l’Inpectrice à l’Enfance ou du Juge des Mineurs ne tiennent pas compte de l’environnement très nusible des quartiers pour certains adolescents difficiles.
Malgre les moyens financiers important, les PRE n’ont pas les moyens humains ( éducateurs spécialisés, etc) ni le mandat pour mettre en place des interventions éducatives de ce type, et pourtant il ya des ados en attente de la nomination de leur éducateur ou éducatrice…..
Il me semble essentiel:
- de renforcer ce droit commun, les équipes d’éducateurs AEMO;
- privilégier les AEMO judiciaires pour certains cas d’adolescents deviants, voire les mesures d’éloignement du quartier par placement en internat éducatif;
Quartiers ensenclavés ……., déplacements vers l’emploi très difficiles. Est-il normal qu’une mère de famille qui travaille chez Renault jusqu’à 20heures mettent deux heures pour rentrer chez elle à Trappes alors qu’en voiture 10 minutes suffises.
Un réseau efficace de transports locaux est le nerf de la guerre.
Les jeunes ne peuvent plus se payer le permis de conduire, et si il l’obtienne ils vivent dans la crainte de le perdre, ils ne peuvent donc pas s’acheter de voiture, ( le marché industriel des voitures va d’ici peut s’en trouver affecté, c’est certain).
Sans voiture actuellement, difficulté de déplacement, difficulté de trouver un emploi.
JE PRECONISE QUE LE PERMIS DE CONDUIRE SOIT PRIS EN CHARGE PAR L’ETAT au même titre que l’Education Nationale, Cela pourrait d’ailleurs assainir la profession…. et permettre un vératable travail d’éducation et de formation citoyennes.
Bien à vous.
Education et réussite ? Comment voulez vous que des enfants et des jeunes puissent devenir citoyen sans jamais sortir de leur quartier ? depuis des années le choix de la proximité n’a rien amélioré.
L’école dans le quartier et que des enfants du même quartier..dommage pour la mixité de nos populations ? accompagnement scolaire dans le quartier, centre social dans le quartier..Quand allons nous réaliser que les enfants et les jeunes n’habitent pas que dans un quartier mais dans une ville ? Quand l’école va t’elle modifier ses programmes et surtout ses méthodes ? Quand l’école va-t-elle intégrer l’accompagnement scolaire dans ses programmes et arrêter de » donner du travail » après une journée de travail..en effet, pour certains enfants des journées de 8h 30 à 18h 30 voir 19h ? Beaucoup plus que des adultes ? Ce n’est pas avec la surchage d’école, d’aide aux devoirs…que nos enfants vont réussir..mais à quand l’ouverture ? Le plaisir d’apprendre ? Depuis 20 ans toujours la même approche et le même constat d’échec..arrêtons de mettre dans nos écoles de nos quartiers sensibles des dizaines d’ordinateurs, des enseignants débutants qui n’ont pas le choix..mais réfléchissons à une autre organisation ?
Je suis d’accord avec Monica concernant le manque de moyens humains concernant la prévention spécialisée et l’aide sociale à l’enfance. 6 à 8 mois c’est encore « rapide ». Cette semaine, une maman m’a dit qu’elle allait enfin rencontrer l’éducateur demandé dans le cadre d’une AEMO A depuis 2 ans !!!!
Mais éloigner les enfants de leur famille est ce vraiment une solution éducative ? certes certaines siutations peuvent imposer un placement reste néanmoins vrai que je pense qu’un parents même en difficulté reste la famille et la référence des enfants. Je pense qu’il est préférable d’aider les familles en les considérant avec leurs valeurs et leurs cultures, leurs compositions et leurs différences tout en restant vigilant au respect de l’enfant. Les accompagner, c’est les connaitre, aller au devant d’eux et les aider à comprendre les régles, les admettres et les appliquer.
J’ai parfois l’impression que le manque de communication entre les cultures qui cohabitent dans les villes créent des conflits d’intention..Après tout l’ignorance de l’autre ne crée t’elle pas de la violence !!!
Pour réagir au message de samb, oui je trouve aussi que les associations font un bon travail concernant l’accompagnement scolaire. D’autant que dans le cadre de la réussite éducative, ce travail est renforcé, le soutien est réellement individualisé et les résultats scolaires s’en ressentent.
Oui, il est important de leur donner les moyens de continuer dans ce sens.
Mais aussi, je pense que ce n’est pas seulement en terme de moyens financiers qu’il faut les aider. Je pense qu’il faut aussi les accompagner dans le developpement de leurs compétences et les pousser à cibler leurs actions pour en faire des spécialistes et non des généraliste de l’éducation, l’animation et l’accompagement scolaire sans oublier l’accompagnement à la parentalité, l’insertion et pourquoi pas l’aide familiale L’idée, c’est que je constate que certaines associations sont obligées de se projeter sur de nouvelles activités, sans aller au fond des actions pour lequelles elles sont compétentes, reconnues et financées parce que leur pérénité est sans arrêt menacée.
Je ne suis pas d’accord concernant les apprentissages scolaires et le fait de ne pas donner de devoirs aux enfants les plus fragiles. Si on veut l’égalité pour tous, il faut le faire à tous les niveaux. cela commence par le fait qu’on ne va pas stigmatiser les élèves en ne leur donnant pas de devoir.
Par ailleurs, aujourd »hui les maths et surtout le français sont enseignés de manière transeversale dans toutes les disciplines. Pour motiver les enfants à apprendre les fondamentaux il est important de conserver à mon sens justement l’enseignement de toutes les autres disciplines. par exemple, les enfants adorent les expérimentations en sciences. Grace à cela, ils apprenent à communiquer entre eux, à négocier, à se respecter, à respecter des régles de sécurité, à écrire d’autres documents comme des fiches, des tableaux, des recettes, des comptes rendus, ils ont accès aux TICE et ils lisent leurs propres écrit . Ils peuvent mettre du sens sur les mathématiques en réalisant combien il est utile de savoir repérer une graduation, de savoir calculer.. Sincèrement, les sciences, l’histoire géo, l’EPS, les arts visuels, la musique permettent l’accès à une culture commune et me semblent indispensables.
Concernant les devoirs, Arrêtons d’en donner à tous les élèves point !!!! Même les éléves sans difficulté à priori sont fatigués le soir.
Pourquoi ne pas tout simplement leur proposer un ouverture culturelle ou sportive pouvant leur permettre de finir la journée dans le plaisir et si possible en famille !!!! Par exemple de 16h30 à 17h30 ou 18, proposer un acceuil des familles à l’école pour des activités ensemble, histoire de créer du lien entre l »école et les familles sans penser systématique à la fameuse convoc parce que l’enfant à encore été insolent ou n’a pas fait ses devoirs….
Je suis chargé des missions; de médiation, d’interculturalité et de vivre ensemble contre la discrimination à la Ligue de l’Enseignement, fédération des Yvelines.
Je suis d’accord que ces parents ne soient pas démissionaires mais dépassés par cette société, qui n’est pas, à l’origine la leur.
Ces parents viennent généralement de sociétés où l’enfant est l’enfant de quartier, de village, l’enfant de tout le monde.
Ils viennent des sociétés où tout adulte a un droit de regard, de protection et de correction sur l’enfant.
Il viennent de sociétés où l’école et sacralisée. Chez eux, la confiance et la délégation à l’école sont totales. Nous pouvons même dire que l’enseignant est un père adoptif de l’enfant. Ce dernier reste parfois des années et des années sans remettre son pied dans sa famille.
Ajouter à celà que ces parents sont démis de leur fonctions parentales; comme le dit Jean Marie le petit-Clerc.
Ce que maitrisent ces parents dans l’ éducation est interdit dans le pays d’accueil, tant mieux, mais quelles proposions ont-ils à la place?
Quand on parle à ces parents sur ce point, ils disent » ce sont des enfants de la République, on n’a aucun droit sur eux. Combien de fois des parents se sont retrouvés dans les mains de la justice, parce que leurs enfants les ont dénoncés.
Un proverbe Pulaar dit Lekki ki alaa zazi darotako ( un arbre sans racines ne peut se fixer). Un enfant sans famille, sans attache ne peut pas avoir des limites.
Pour moi tant qu’on n’associe pas ces parents, on ne les informe pas sur les lois de la République, sur leurs droits sur leurs enfants; ils n’oserons pas agir positivement et dans le sens de l’école et de la justice.
Nous devons aussi les écouter et de le faire participer activement au débats et ne pas les mettre en position de receveur, pour trouver une solution intermédiaire, sinon, on perdra beaucoup de temps.
Une formation plus poussée sur les cultures des parents, sur leur mode de vie, sur des problèmes sociaux et économiques doivent être dispensée aux enseignants et aux administrateurs de l’Etat pour qu’ils cernent mieux les dificultés que vivent ces parents d’origines etrangères.
Il est certain que la France ne peut pas revenir en arrière par rapport à la laïcité et par rapport aux droits de l’enfant, mais il ne faut qu’il y’ait une pensée unique et non partagée.
Quand aux jeunes, Ils doivent comprendre qu’ils sont français, mais pas seulement qu’ils ont des droits , mais aussi des devoirs. Il est important qu’ils sachent qu’ils vivent dans un pays de droit, qui a tendance à selectionner.
Les parents eux aussi doivent comprendre qu’ils ne sont pas français d’origine, mais leurs enfants sont français plus qu’autre chose.
Quand à l’Etat, il doit tout faire pour integrer tout le monde, il doit aussi tenir compte du présent de ces gens là, mais aussi de leur passé recent ou lointain, pour construire une nation plus solidaire, une sociéte où il y a plus de réussite que d’echec.
Nous, au niveau de la Ligue de l’Enseignement 78, sommes en train d’élaborer un projet intitulé VIVRE ENSEMBLE CONTRE LA DISCRIMINATION. Ce projet va essayer de rapprocher, Etat, Jeunes, Education Nationale et les parents.
Propos de Cheikh Oumar Ba
Je suis responsable d’une Maison de Quartier depuis des années et j’ai la chance de travailler pour une ville qui nous aide et nous soutien. Cependant nous avons les plus grandes difficultés à rencontrer les partenaires sociaux surtout ceux de l’Education Nationale. Après avoir rencontré au début un mépris de notre travail, nous devons reconnaître qu’avec le temps une certaine ouverture s’opère selon le bon vouloir des certains directeur d’école. Nous faisons de l’aide à la réalisation des devoirs de qualité certes, mais est-ce aux associations de paliers à ce problème qui est scolaire? J’habite un petit village et il faut savoir que l’association des parents d’élève paye les institutrices de 16h30 à 18h00 pour qu’elles effectuent l’étude et l’aide à la réalisation des devoirs de nos enfants (Ce phénomène existe dans beaucoup de petites écoles). Il n’y a aucun problème de scolarité dans cette école, et la majorité des enfants qui entrent en 6ème ont un très bon niveau, en tout cas ils savent tous lire. Allons voir comment se passe l’éducation scolaire dans ces écoles et comprenons pourquoi de telles réussites! Il y a des enfants d’agriculteurs et des enfants de techniciens se sont loin d’être des enfants de riches se sont même parfois des familles qui dès qu’elles ont eu un peu plus de moyens se sont excentrées des villes et ont quitté leur HLM. Ces familles préfèrent faire des heures de route pour travailler car un peu plus de moyens ce n’est pas assez pour habiter dans un endroit décent en ville. Mais elles préfèrent faire des heures de transport plutôt que retourner dans cet un quotidienne d’asociabilité. L’Eduction Nationale doit accepter d’être réformée. Les enfants ne sont pas égaux devant l’apprentissage scolaire, ils ne sont pas tous fait pour avoir un BAC général et surement pas 80% entre eux. Vive l’apprentissage pour ceux qui le désirent. Revalorisons les métiers manuels, comme je l’ai entendu à la télévision ont paye des millions des gens qui jouent avec leurs pieds et ont est incapable de payer décemment des personnes qui travaillent de leurs mains. Il faudra bientôt aller chercher à l’étranger, des plombiers, des carreleurs, des maçons, des travailleurs du Bâtiment. Sommes-nous incapable de les former ici ? Sommes-nous incapable de faire reconnaitre tous ces métiers à leur juste valeur ? Ça c’est un challenge! Faisons des travailleurs manuels des héros dans la tête de l’inconscient collectif, revalorisons leur salaire et leurs conditions de travail et chacun trouvera sa place dans la société. Arrêtons de stigmatiser l’orientation scolaire, d’un coté les « bons » en section général et de l’autre en « circuit d’échec » seront orientés vers l’apprentissage.
A cheikH Oumar Ba
Je souscris tout à fait à votre propos ! Cependant, comment faire admettre les lois de la République à des personnes dont le seul leitmotiv est la Charia ? Je vois cela tous les jours dans mon quartier, où des gens ne respectent pas la tranquillité des autres, au seul motif (je précise que cela se passait durant le Ramadan) que leur religion leur permettait de s’amuser après le coucher du soleil…….
J’ai discuté avec ces personnes, en présence d’un imam, et on est parvenu à un accord, à savoir que toutes nuisances sonores devront cesser à 22 heures. Je dois dire en toute franchise que l’accord tient toujours et que je suis invité à la fête du Mouton !
Grâce en soit rendue à l’imam qui m’a aidé à persuader les gens de respecter autrui !!!!
Quoiqu’il en soit, peu importe sa culture ou sa religion, pour peu qu’on puisse s’entendre !
A Mireille Frésil,
Je suis d’accord avec vous sur le handicap de ne pas avoir le permis de conduire. Plusieurs employeurs exigent le Permis de conduire.
Je suis Directrice d’une association de Médiation, lors de mes permanences, j’ai rencontré des jeunes à la recherche d’un emploi, ils ne peuvent pas payer la formation de permis de conduire car ils n’ont pas les moyens financiers.
J’ai contacté différents financeurs pour savoir s’il était possible de venir en aide à ces jeunes. J’ai rédigé le projet qui a été soutenu par des financiers privés et public et l’action a démarré en janvier 2008.
Sur 13 jeunes inscrits, 5 ont obtenu leur permis de conduire, 3 ont signé un CDI et 2 sont entrés en formation.
Mr Le Préfet,
Je suis intervenue 4 années comme Médiatrice Scolaire dans un collège classé ZEP et sensible.
Les cas d’echec scolaire ne sont pas seulement d’ordre éducatif. Il faut d’abord connaitre l’environnement familial de l’enfant.
Dans les familles, j’ai constaté qu’il n’y a plus de dialogue.
Les parents ont peur d’aller dans les Etablissements scolaires.
Les enseignants reprochent aux parents d’être absents.
Certains parents ne sont même pas au courant de l’exclusion de leur enfant et des notes scolaires. L’enfant réceptionne le courrier du collège et il ne met pas au courant ses parents.
L’Education Nationale a mis en place le système de la remise des bulletins en main propre mais cela n’a pas changé grand chose par rapport aux parents analphabètes.
Mon rôle de Médiatrice est de servir d’intermédiaires à ses parents qui se sentent démunis.
Pourquoi les programmes du primaire ne se concentrent-ils pas sur l’apprentissage de la lecture et du calcul ? A quoi sert l’apprentissage de l’anglais (les couleurs primaires les nombres jusqu’à vingt et si peu d’autres choses que les professeurs d’anglais de sixième sont obligés de reprendre tout le programme ? A quoi sert ces cours de géographie compliqués sur tous les nouveaux pays de l’Europe et ces cours d’histoire que les enfants apprennent sans en comprendre le sens bien souvent puisqu’ils ne savent pas lire correctement? Ne devrions-nous pas centrer l’apprentissage primaire sur l’apprentissage de base « lecture écriture calcul » ? Et quand tous les enfants partiront sur des bases solides l’égalité des chances ne sera pas un vain mot. Redonnons leur sens aux mots.
Encore une fois, je suis d’accord avec vous Sousou ! Mais ne faut-il pas voir là une démission du rôle éducatif qui incombe aux parents ? En effet, il n’est que de se remémorer les émeutes d’octobre 2005 pour constater que les parents ont vu leur rôle parental, et plus précisément leur rôle socio-éducatif être mis à mal par l’évolution des mentalités.
Je pense, mais cela n’engage encore une fois que moi, que les parents se doivent de s’adapter à cette évolution qui, j’en suis certain, est inéluctable, mais qui demande de la part de chacun d’entre nous une adaptation et une forme de compréhension, même si l’on ne peut toujours être d’accord entre nous.
Après tout, l’échange d’idées de toutes sortes n’a-t’il pas contribué à forger toutes les grandes civilisations qui ont peuplé notre planète ?
Les quelques milligrammes de mélanine qui déterminent la couleur de la peau sont à l’origine d’immenses formes d’exclusion. Aujourd’hui, 12% des français pensent que des races sont supérieures à d’autres, 30% des français se déclarent racistes. Les idées reçues qui entourent les noirs, les asiatiques, les arabes sont tenaces… Tout autant que la notion de race. La génétique ne détermine les qualités ni les défauts et non le racisme n’est pas la panache des blancs. Pourquoi devient-on raciste ? De quand date, en Occident, la naissance du rejet ou de l’assujettissement de l’Autre en raison de la couleur de sa peau ? C’est au XVIIIe siècle, dans la société esclavagiste, aux Antilles et dans les deux Amériques, que « la différence des couleurs de peau est devenue l’indice visible de différences L’« anti-négrisme » prospèrera d’autant plus facilement outre-Atlantique que de nombreux esprits européens, le cautionneront sans discernement. Le vieux racisme fondé sur la couleur de la peau a-t-il régressé ? « Malgré des survivances, le racisme classique, hiérarchisant les groupes humains selon des caractéristiques somatiques ou phénotypiques, a globalement reculé. Il a perdu toute légitimité scientifique, et, depuis 1945, est condamné universellement. Seulement, nous sommes passés d’un racisme biologique ou bio-racial à un néo-racisme culturel, qui consiste à absolutiser les différences culturelles (notamment les différences religieuses) en les essentialisant, pour en faire de nouveaux marqueurs d’altérité radicale ou d’infériorité irrémédiable » Aujourd’hui donc, les quelques milligrammes de mélanine ne sont plus les seuls responsables du fléau ambiant que représente le racisme. C’est tout un pan de l’histoire qu’il faut travailler et apprendre à tous nos enfants dans les écoles, dans les centre culturels, via la télévision, via la radio… L’ignorance et le pire des maux.
Pour améliorer la réussite des élèves à l’école, je pense qu’il faut essayer:
- d’ouvrir les portes de l’école aux parents.
Les parents doivent ressentir l’école comme un lieu de vie où ils sont accueillis à tout moment (et pas seulement lorsque leur enfant a des difficultés) comme des partenaires.
Dans une école de ma ville, deux fois l’année (c’est peu mais c’est un début), un samedi matin est réservé pour des ateliers dits décloisonnés: les parents et les enseignants proposent des ateliers de travaux manuels ou jeux éducatifs aux élèves. Au début il y avait peu de parents à accepter la charge d’un groupe d’élèves mais depuis quelques années les parents sont de plus en plus nombreux à participer à ces matinées.
Les enfants aprécient de voir leurs parents s’investir dans leur école et les parents se rendent mieux compte de ce que représente la charge d’un groupe d’élèves, le dialogue s’établit plus facilement avec les enseignants. Tout le monde y gagne.
Pour amener les parents à l’école on peut s’appuyer sur les associations de parents d’élèves qui existent et en créer dans les écoles qui n’en ont pas.
- créer des partenariats avec les médiathèques, les associations culturelles et l’école afin que des animations soient créées dans les écoles, dès la maternelle, pour développer le goût de la lecture, de l’écriture, de l’ouverture culturelle.
Ces animations peuvent être extra-scolaires tout en étant implantées dans les écoles qui seront alors vues d’un autre oeil par les enfants mais je pense qu’il faut surtout faires ces animations pendant le temps scolaire afin que des échanges se fassent entre les différents acteurs (enseignants-intervenants extérieurs et élèves). Les parents peuvent d’ailleurs y être associés de façon active ou de façon passive (spectacle présenté par les enfants sans attendre la fin de l’année scolaire par exemple).
- créer des partenariats entre les universités, les grandes écoles et les lycées-collèges et écoles primaires pour la mise en place d’aide aux devoirs encadrés par de jeunes gens compétents. Certains partenariats existent déjà entre des lycées et des universités ou grandes écoles (Ecole normale supérieure et lycée Saint Exupéry de Mantes-la-jolie pour un tutorat de maths par exemple) mais il faut déveloper ces partenariats dès l’école primaire.
Ce ne sont que trois petites pistes, il y en a sûrement beaucoup d’autres à explorer (comme la refonte des programmes scolaires, le développement des RASED) mais il me semble qu’elles ont le mérite d’être concrètes et de mise en place facile.
Monsieur le Préfet,
J’étais présent hier soir à Ecquevilly lors de la réunion des rencontres territoriales « Pour ma ville ».
1) Pourquoi ces réunions ?
En voyant le public entrer, j’ai révisé mon a priori et ai reconnu la qualité du travail de proximité réalisé en observant la mobilisation obtenue.
Une réponse me vient en tête : c’est pour qu’on puisse dire : « Un Préfet et deux Secrétaires d’Etat se sont déplacés pour vous entendre ». Car personne ne peut croire un instant que d’une telle réunion puisse sortir quelque chose de sérieux et de constructif. Des cas particulier sont évoqués souvent dans les questions ou des ténors de service, ravis d’avoir des auditeurs, s’écoutent parler ; des mots passe-partout et vides de sens sont utilisés dans les comptes rendus).
Cependant nous sommes en démocratie et elles auront un impact, j’en suis certain, dans les cités.
2) Au sujet de l’enseignement
Le collège unique est né d’une idée généreuse.
Aujourd’hui elle dessert les élèves.
Nous ne sommes pas à égalité ni physiquement (on ne fait pas courir un cent mètres à un cul-de-jatte), ni intellectuellement, ni socialement.
Or maintenant arrivent en sixième des élèves qui ne savent pas lire.
On ne peut atteindre un but que si on s’en capable et si on s’en croit capable.
Aujourd’hui nous réduisons au désespoir des élèves qui, au fond d’eux-mêmes, savent qu’ils ne peuvent pas atteindre les objectifs fixés par les programmes.
Les faire passer systématiquement en fin d’année ne peut que les humilier un peu plus et leur ôter toute envie de se battre.
Et ainsi l’Education nationale forme une armée d’assistés : Ne faites rien et tout se passera bien !
Mais je crois que les « réunions territoriales » n’ont pas voix au chapitre quant aux programmes scolaires.
3) Au sujet des prisons
Les détenus viennent des cités, passent par les prisons, retournent dans les cités etc..
J’enseigne aussi en Maison d’arrêt. Cette année encore, dans mon cours, 90% de mes élèves sont d’origine étrangère.
Lundi dernier, l’un d’eux me confiait que la marque de la prison était difficile à porter parce qu’elle s’ajoutait à la sous-qualification et qu’à sa sortie, il ne voyait pas d’autre issue que de replonger dans le « biseness ».
Si l’Etat et les entreprises ne font pas plus pour aider les détenus en fin de peine à trouver du travail, cette source d’agitation n’est pas prête à se tarir.
Voilà, c’est tout.
Plus on est long, moins on est lu…
J’ai regretté que les questions réponses aient si peu fonctionné (exception pour la demande de création de logements sociaux et la réponse d’un élu qui expliquait les raisons de la lenteur).
Mais la réunion était longue malgré tous les efforts de l’animateur pour contraindre les intervenants à la concision et les gens, au bout de quelques heures quittaient la salle…
24 Gérard a dit dans le débat “ L’éducation et la réussite ” Plus on est long, moins on est lu…pas toujours, j’ai trouvé votre intervention pertinente ainsi que beaucoup d’autres. Cependant je ne suis pas optimiste sur l’issu de tous ces débats, malgré tout je travaillerai jusqu’au bout pour faire avancer les choses et à nous tous peut-être qu’un jour on arrivera à déplacer des montagnes.
L’échec scolaire peut-être dû à plusieurs facteurs : Les facteurs interpersonnels -Les facteurs familiaux- Les facteurs institutionnels, Les facteurs environnementaux, en particulier la pauvreté.
La plupart des jeunes des quartiers sensibles qui décrochent, commencent dès le CP. Il existe différentes façons de décrire le profil des enfants en échec scolaire.
Les inadaptés, qui se distinguent par un profil scolaire et psychosocial négatif : problèmes de comportement, milieu familial difficile. Se sont des jeunes souvent venant des familles défavorisées et en dysfonctionnements, qui sont dans une situation socio-économique précaire.
Il y a des enfants des minorités visibles qui ont des difficultés d’intégration dans le milieu scolaire. Ils se sentent de trop et ils sont parfois victimes de discrimination.
Des élèves qui proviennent de familles dont les parents peu scolarisés ne s’intéressent pas beaucoup à leurs études.
Les sous-performants qui sont des enfants désengagés. etc.
Beaucoup enfants en échec scolaire ne présentent aucun problème de comportement.
L’essentiel à retenir est que les jeunes en échec scolaire peuvent se distinguer suffisamment les uns des autres pour justifier la mise en œuvre d’interventions différenciées, conçues selon les forces et les difficultés des élèves en cause.
- favoriser des classes moins nombreuses;
- offrir des programmes qui tiennent compte du rythme d’apprentissage de chaque enfant.
- offrir des options qui correspondent aux intérêts des élèves
- promouvoir des activités qui revalorisent les jeunes et dans lesquelles ils connaissent le succès.
- offrir des activités parascolaires afin de renforcer l’esprit d’appartenance à un groupe.
- Il faut cesser d’adapter les jeunes aux structures en place, mais pour plutôt tenter d’adapter les structures aux jeunes. J’entends bien, tout cela demande des moyens humains et donc financiers.
Il faut que les études soient suffisamment valorisées auprès des jeunes pour que ces derniers soient motivés et s’y investissent, qu’ils se sentent capables de réussir un parcours adapté à leurs capacités et leurs aspirations et pour que les exigences de leur vie scolaire s’harmonisent avec les autres dimensions de leur vie. Tout ça a déjà été dit et redit mais, on peut toujours rêver que le message passera un jour!
L’échec scolaire a aussi des conséquences sur le plan social, il peut parfois mener à la délinquance.
L’échec scolaire a d’énormes conséquences sur le plan économique à long terme. Ce phénomène se traduit souvent par des augmentations des prestations sociales, ainsi qu’une incapacité de recruter de la main-d’œuvre qualifiée. Ne faut-il pas mieux investir en aval, pour faire des économies en amont.
Présent à la rencontre d’Ecquevilly de mardi 6 novembre, je n’ai malheureusement pu intervenir. Je voulais réagir sur le rôle des associations qui a été complétement absent des débats.
Aujourd’hui, les associations sont tout autant que les institutions, des acteurs essentielles de l’Education et de la Réussite des jeunes.
En effet, les jeunes y trouvent un nouvel environnement encadré dans lequel ils s’ouvrent à d’autres personnes et nouvelles formes de savoir (savoir faire et savoir être). C’est ainsi l’occasion d’inhiber l’isolement des jeunes dans leur seul environnement de quartiers avec les dérives possibles que cela peut induire.
Les associations sont par ailleurs prêtes à aller au devant des jeunes en les accompagnant dans ce nouvel environnement. Beaucoup d’associations font preuve d’une rélle motivation (notamment les associations sportives dont ce n’est pas forcément leur objet) et sont forces de proposition pour la mise en place de projets innovants. Elles se heurtent néanmoins à de nombreuses difficultés :
1 – La réussite de ces projet requiert un encadrement fait par des professionnels. Ils est essentiel de donner à ces emplois une véritable reconnaissance et une légitimité qui n’existe pas aujourd’hui du fait de la multiplication des contrats aidés ou du saupoudrage des aides. Cette situation actuelle précarise le rôle de ces acteurs de terrain alors qu’on se rend compte avec l’expérience qu’un véritable professionnel est le garant de la perénnité et de la réussite de ces projets.
2 – Les projets éducatifs souffrent aujourd’hui d’une superposition des financeurs publiques avec des saupoudrages au niveau des subventions. La complexité administrative des dossiers et des financeurs qui ont chacun des objectifs et des calendriers différents (Ville, Préfecture, DDJS, Conseil Général, Réussite éducative voire Europe) dissuade même les associations les plus motivées. Il est urgent de créer un établissement local ou intercommunal réunissant tous les fonds de ces financeurs. Cela donnerait une véritable visibilité aux projets financées et cela permettrait surtout de mieux mesurer leurs effets.
3 – Les associations sont un complément éducatif de l’école. Il est important que l’école s’ouvre davantage vers l’extérieur en créant les conditions pour que les jeunes aillent au delà de ce seul environnement scolaire. Des tableaux d’affichage associatif pour les associations qui auront été labellisée par l’établissement local précité sont un premier niveau d’action. D’autre part, inciter les jeunes à aller vers d’autres environnements doit aussi concourir à la mixité sociale en brisant le concept de quartiers au sein même d’un quartier. Dans les villes en ZUS, les établissements scolaires devraient avoir des orientations précises pour créer des rencontres avec les autres établissements de la ville. L’association sportive de l’établissement est par exemple le lieu le plus aisé pour la mise en place de ces rencontres. Des rencontres théâtres ou musicales avec un spectacle de fin d’année seraient aussi des exemples simples mais extrêment efficaces.
Plus globalement, la réussite de ce plan banlieu nécessite la rationnalisation des moyens et l’implication de tous les acteurs. C’est la condition sine que non pour une action collective efficace.
réponse à Vincent. C’est plaisant de lire la pertinence de beaucoup d’internautes. C’est vraiment dommage que vous n’ayez pas pu intervenir lors de la rencontre àl a rencontre d’Ecquevilly, j’espère que vous serez lu et vraiment entendu via ce blog.
Je suis tout à fait d’accord avec M. Le Préfet qui indique à juste titre que l’education des enfants, c’est d’abord l’affaire des parents.
Ceci dit, certains parents en situation d’illettrisme ne sont pas en mesure d’exercer au mieux leur rôle et d’être ainsi les « acteurs » du suivi de la scolarité de leurs enfants.
Nous savons désormais grâce aux enquêtes croisées de l’INSEE, IVQ et de l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme que seulement 10 % des 3100 000 personnes en situation d’illettrisme vivent dans les ZUS, et ce contrairement aux idées reçues.
Toutefois, le taux d’illettrisme s’élève dans les Z.U.S au double de la moyenne nationale (18% contre 9 %).
La lutte contre l’illettrisme dans ces quartiers dits « sensibles » doit bien évidemment être une des composantes essentielles des politiques de la ville.
Les efforts de prévention dès l’enfance mais également des actions d’aide en faveur des parents en situation d’illettrisme doivent être encouragés.
Dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale et dans le cadre du projet global de réussite éducative, des actions de sensibilisation aux problématiques linguistiques (Illettrisme, besoins de formation linguistique des migrants, lutte contre l’analphabétisme), des actions de formation des jeunes et des adultes, et des partenariats entre les responsables des équipes de réussite éducative locales doivent être soutenues.
Nous savons à présent qu’être illettré, c’est ne pas disposer des compétences de base suffisantes pour faire face de manière autonome aux situations de la vie quotidienne : ainsi, soutenir les parents en difficulté des enfants scolarisés dans nos communes, c’est permettre aux parents les plus éloignés de l’écrit de les impliquer à terme dans une démarche de formation de base pour qu’ils puissent être en mesure d’améliorer le suivi de la scolarité de leur enfants, sans compter l’impact de ses actions de formation en terme d’insertion socioprofessionnelle.
Priorité nationale depuis plusieurs années, la lutte contre l’illettrisme doit devenir encore plus au niveau local l’expression d’un engagement de tous, mobilisant une chaîne de compétences de chaque professionnel du secteur social et éducatif impliqués en amont et en aval dans ce combat.
Il faut effectivement revenir à l’expérience du terrain et voir quelles actions fonctionnent. Le principe d’aller au devant des acteurs est donc pertinent et donne espoir quant à la réussite de ce plan banlieu.
La plupart du temps, une action pour les institutions, c’est avant tout un dossier de financement papier lui même au milieu d’un immense pile de dossier papier. Ce n’est pas un jugement de valeur bien au contraire car leur implication est réelle mais il est impossible d’avoir le même pertinence au niveau départemental qu’au niveau local.
D’autre part, chacune des institutions intéressées par la question de l’éducation a son propre dispositif.
Rationnaliser les moyens de tous les partenaires au sein d’un établissement local est donc le gage d’actions cohérentes et utiles. Des expériences de mutualisation fonctionnent déjà comme le DLA (Dispositif Local d’Accompagement) ou Profession Sport 78.
Dans le cas présent, pourquoi ne pas donner cette compétence à un syndicat mixte intercommunal avec des administrateurs issues de l’ensemble de financeurs ?
La réussite de ce plan banlieu repose sur la synergie des actions et des moyens dans une véritable logique de territoire.
Oeuvrant depuis 10 ans dans les Yvelines je ne ferais qu’un seul constat : il y a énormément de bonnes volontés de la part de tous les acteurs de terrain : enseignants, éducateurs, « animateurs de quartiers », ….. mais toujours dans leur coin avec leurs moyens (souvent faibles) mais rares sont les actions communes qui regroupent toutes ces compétences !! Il est dommage que toutes ces bonnes volontés ne soient pas coordonnées plus souvent au niveau communal (rares sont les mairies qui organisent des actions communes) et départemental par le principal partenaire : la Préfecture et son service mission ville. C’est peut-être le moment d’organiser un service coordonnant les diférentes actions financées par les VVV !
Au niveau de l’alphabétisation
Nous avons vu les inscriptions croitre lors de l’exigence des PMI que les Assistantes Maternelles parlent un minimum la langue française.
Nous constatons des difficultés. Certains élèves ont une grande difficulté d’apprentissage. Il est très difficile de rentrer dans un apprentissage si cela n’a pas commencé dès la petite enfance. Au niveau de l’alphabétisation les partenaires se trouvent confronté à des personnes qui n’ont jamais appris à lire et à écrire même dans leur propre langue ou n’ont reçu qu’une scolarisation minimale. De ce fait beaucoup ne font que de faible progrès et il faut des années d’apprentissage pour enfin pouvoir amorcer un dialogue correct. Durant la période de Ramadan les cours connaissent un fort taux d’absentéisme. Nous avons dû avec le temps tenir compte de nos horaires de cours en fonction du feuilleton qui passait l’après midi à la télévision, pour éviter les retards ou l‘absentéisme. Enfin le partenariat est difficile avec les enfants des élèves, car ils ne sont pas toujours enclins à aider leurs parents à progresser. Il ne fait toutefois guère de doute que le facteur général derrière ces considérations est que les participants, quelles qu’en soient les raisons, ne se sentent pas motivés à collaborer assidûment à ce genre de programmes facultatifs. La motivation des participants est une dimension essentielle, qui, lorsqu’elle existe, encourage la participation et la rétention des nouveaux savoirs ; lorsqu’elle est absente, la compréhension et l’assimilation des programmes généralement s’en ressentent.
Parmi les tentatives innovantes pour répondre aux besoins des adhérents tout en renforçant leur motivation, on peut citer les suivantes par ex. recherche de méthodes plus efficaces de mise en œuvre de l’alphabétisation dans la langue maternelle et dans la langue seconde, responsabilisation et participation de la communauté locale, technologie et éducation à distance (par ex. utilisation des multimédias pour améliorer la formation des bénévoles).
Mais quand la motivation des apprenants est obtenue l’accès à l’éducation, est un facteur clé de tout programme d’amélioration.
Bonjour
j’ai assité à un atelier et à la séance plénière à Achères. Je retrouve des paroles que l’on entend depuis des années. L’accompagnement scolaire (anciennement AEPS), devait être quelque chose de provisoire (en 1990), maintenant on parle « de professionnalisation ». … Je regrette que la réussite éducative ne répond pas toujours à la circulaire. En effet, au départ, c’était prendre un enfant dans sa globalité, avec son entourage. Maintenant, cela sert à financer des actions sportives, un club scientifique sans associer la famille. On se se pose pas la question de l’enfant de 13, 14 ans qui est dans la rue le soir ! Pourquoi, c’est parce que la maman souvent travaille (en horaires décalés, ménage, petit boulot….) et elle ne peut pas payer une garde d’enfants,… ou bien le logement conçu pour 2 A et 2 E abrite 2 ou 3 A (enfants qui ont grandi) + 3 ou 4 enfants. Les associations de quartier essayent de palier ce manque en accueillant les enfants le soir, pour faire les devoirs, pour parler, pour trouver un petit coin pour se poser.. mais elles sont seules, trop seules, et les bénévoles s’usent à toujours essayer d’enfoncer des portes fermées. Tous ces jeunes, c’est l’avenir, c’est l’économie de demain, il faut réagir plus vite.
Il existe dans notre département un réseau à la disposition de tous les parents afin que chacun puisse trouver un lieu où trouver la bonne adresse face à une question de « parentalité ». Ce réseau est le REAAPY, c’est à dire: Réseau d’Ecoute, d’Appui et d’Accompagnement des Parents des Yvelines.
Il maille notre département et reste pourtant méconnu de nombreux parents, mais pire, des acteurs de terrain qui pourtant le constituent.
Comme nous le sentons bien, si tant d’enfants sont repérés comme n’allant pas bien, c’est trop souvent parce que leurs parents aussi sont confrontés à de nombreuses difficultés. Il est nécessaire de mieux faire connaître l’existence de ce réseau, à commencer par les lieux d’accueil-écoute pour tous parents sans exception, lieux associatifs gratuits, première étape souvent d’une vraie reconnaissance ( validation) de la souffrance des personnes, et peut-être, premier lieu qui romp l’isolement.
Ces lieux sont destinés à restaurer les parents dans leurs compétences, à les accompagner un certain temps si nécessaire afin qu’ils repèrent les clignotants inquiétants et s’en préoccupent avant que la situation ne leur échappe. (Ces lieux-là ont un besoin vital des institutions pour rester ouverts).Je vous en dis plus sur notre lieu de Chatou si vous le souhaitez.
merci d’avoir ouvert cet espace d’échanges.
A Elisabeth
Merci pour cette information, mais croyez-vous que vous allez vous attaquer au fond du problème qui est, pour moi, une certaine démission du devoir parental, que ce soit pour les jeunes issus de l’immigration comme pour les enfants d’origine française ?
S’il est vrai que l’on peut constater une détresse matérielle chez certains parents, il n’en demeure pas moins que laisser traîner son gamin dans la rue jusqu’à pas d’heures ne relève en rien du devoir parental, bien au contraire.
Je n’ai pas été élevé dans une famille aisée, mais chaque jour que Dieu faisait et à 5 heures du soir, je devais rentrer faire mes devoirs, réviser mes leçons et préparer la journée suivante. J’en sais gré à mes parents !
Amicalement